La souffrance psychologique en temps de confinement: résultats préliminaires d’une étude française

Les chercheurs cherchent à comprendre comment le confinement affecte le moral de la population française

Jonathan Del-Monte, Maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie, Université de Nîmes, Laboratoire LPS, Aix-Marseille Université, jonathan.del-monte@unimes.fr

Océane Rocher, Master de Psychologie clinique et psychopathologie TCCE, Chargée de recherche, Université de Nîmes, Laboratoire LPS, Aix-Marseille Université,  oceane.rocher@etudiant-unimes.fr

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Pierluigi Graziani, Professeur des universités en psychologie clinique et psychopathologie, Université de Nîmes, Laboratoire LPS, Aix-Marseille Université,  pierluigi.graziani@unimes.fr

Participez à l’étude en cours

Le confinement crée-t-il une souffrance psychologique?

Plusieurs recherches en psychologie clinique et psychopathologie s’interrogent sur les conséquences psychologiques d’un confinement prolongé sur la population. Les recherches précédentes sur les épidémies du SRAS et Ebola démontraient une augmentation significative des pathologies anxieuses, en particulier du syndrome post-traumatique (voir la méta-analyse de Brooks et al., 2020), surtout chez le personnel soignant. De plus, aucune étude avant la COVID-19 ne concernait le confinement à l’échelon d’un pays. C’est dans cet objectif que nous avons lancé une étude sur les effets potentiellement néfastes du confinement. Nous avons mesuré la présence de symptômes psychopathologiques chez la population générale française.

La recherche confinement COVID-19 de l’Université de Nîmes et Aix-Marseille Université

Cette recherche sur le confinement, qui est encore en cours, a réuni pour le moment près de 3700 répondants âgés de 18 à 87 ans. Les premières analyses nous permettent dès à présent de tirer la sonnette d’alarme.

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Des niveaux élevés de dépression

La dépression est en effet l’une des maladies psychiques les plus répandues en France. Sa prévalence est estimée entre 5 et 12 % selon les sources et outils de mesure utilisés (Le Pape, Lecomte, 1999 ; Sapinho et al., 2009 ; Morin, 2010). Elle concernerait plus de 3 millions de personnes (Inpes, 2007). Les résultats préliminaires de notre recherche estiment la prévalence (nombre de cas d’une pathologie à un temps donné) d’un syndrome dépressif (de léger à modéré) égale à 78 % des participants.

Lanxiété se généralise

Dans la population générale âgée de 18 à 65 ans, l’ensemble des troubles anxieux a une prévalence sur 12 mois d’environ 15 % et une prévalence sur la vie entière d’environ 21 % (rapport HAS, 2007). Nous avons trouvé des scores d’anxiété supérieurs au seuil pathologique chez 43 % des participants.

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Des niveaux inquiétants d’idées suicidaires et désespoir

Enfin, 14 % des personnes interviewées montrent des idéations suicidaires, soit trois fois plus que la prévalence habituelle de 4,7 %. La prévalence de l’état de désespoir supérieur au seuil pathologique avoisine les 12 % des participants.

Ces résultats inquiétants demeurent identiques entre les départements français. La proximité d’un foyer de contamination (les départements du Grand Est ou de l’Île-de-France) n’est pas un élément suffisant pour expliquer ces hauts niveaux de souffrance . Nous pensons en effet que c’est bien le confinement qui serait en grande partie responsable de cette souffrance anxieuse et dépressive.

Participez à cette étude

Cette étude se poursuit avec l’objectif d’obtenir de plus amples confirmations. Elle conduira par ailleurs, dans quelques mois, à la réévaluation de la psychopathologie des participants qui ont accepté d’être réévalués. Dans ce cadre, nous recherchons toutes les aides possibles nous permettant de diffuser largement cette étude.

Voici le lien de l’étude pour participer et la diffuser à vos contacts :

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Pour prendre contact avec l’équipe au sujet de l’étude, vous pouvez nous envoyer un e-mail à l’adresse suivante : etudecovid19@protonmail.com 

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