Couple

Violences conjugales, comment s’en sortir ?

Article écrit par Ouarda Bougaci, psychologue chez Psy.link. Ouarda a choisi d’être psychologue en raison des valeurs portées par ce métier. Empathique, à l’écoute avec une capacité d’analyse et un grand sens des responsabilités, elle dispose de toutes les qualités indispensables. Elle a toujours voulu aider les autres, soulager leur souffrance. Les violences conjugales sont […]

Auteur Invité Rédaction Psy.Link
7 min de lecture

Article écrit par Ouarda Bougaci, psychologue chez Psy.link. Ouarda a choisi d’être psychologue en raison des valeurs portées par ce métier. Empathique, à l’écoute avec une capacité d’analyse et un grand sens des responsabilités, elle dispose de toutes les qualités indispensables. Elle a toujours voulu aider les autres, soulager leur souffrance.


Les violences conjugales sont extrêmement répandues en France. Elles transcendent les clivages sociaux et sociétaux et sont commises au sein des couples mariés, pacsés ou en union libre.

Une femme sur dix est victime de violences conjugales ! Les femmes ne consultent pas toujours pour ce motif mais plutôt pour les conséquences occasionnées. Ces femmes souffrent d’anxiété, perte de confiance, stress et dépression. La violence est parfois perçue comme une chose normale dans une situation anormale. Cependant, elle s’inscrit toujours dans un rapport de domination dans lequel autorité et pouvoir écrasent toute relation saine.

Les conséquences négatives des violences conjugales

Toute forme de violence laissera forcement des séquelles qui peuvent nuire à la santé mentale et au bien-être. Le sentiment d’injustice, la peur d’être harcelée et menacée, le sentiment d’échec et d’impuissance, la pression pour supporter une relation, sont autant de manifestations de ce rapport mortifère. 

Parmi les conséquences les plus fréquentes, on trouve les traumatismes psychiques tels que la dépression, l’isolement, l’insécurité, le stress, etc.

Souvent, les chagrins, les conflits et les émotions non exprimés peuvent transparaitre sous d’autres formes telles que les douleurs corporelles, les palpitations, les cauchemars, les maux de têtes, etc.

Il est violent mais j’ai peur d’en parler 

A l’heure actuelle, il y a beaucoup de femmes qui ne parviennent pas à se confier. Prendre contact avec les autorités peut paraitre infaisable. Elles s’enferment dans la solitude en supportant le poids de la souffrance. Parmi les obstacles à la verbalisation et à la dénonciation des violences figurent la peur d’être davantage agressée. Les femmes victimes vivent fréquemment la violence comme un fait normal et acceptable. Elles sont incapables d’identifier leurs émotions. Se dissocier de tout état émotionnel peut donner l’illusion de moins souffrir.  L’évitement émotionnel n’est pas une solution. L’expression des émotions reste souvent négligée. Sans celle-ci, les femmes victimes ne peuvent pas se faire entendre.

Que se passe-t-il lorsque nous sommes agressés ?

Lorsque nous avons subi un acte violent, notre estime de soi est alors touchée et affaiblie. Les dégâts sont considérables sur notre perception de soi et du monde. Les croyances se modifient.

Le regard négatif sur soi mène à une perte de confiance et ouvre la porte à l’envahissement de pensées dévalorisantes. La personne se percevant auparavant comme quelqu’un de bien, est amenée à douter de sa propre valeur. « S’il m’a frappée, c’est que je suis quelqu’un de mauvais ». Aussi, une méfiance vis-à-vis des gens peut émerger, l’empêcher de faire confiance dans l’avenir « Il faut pas faire confiance aux gens, ils sont tous imprévisibles ». 

Les violences conjugales aura divers impacts :

Les pensées :

  • « Pourquoi cela n’arrive qu’à moi »
  • « C’est ma faute, je ferai mieux de me taire »
  • « Je suis perdue, seule je ne suis personne » 
  • « Je ne sais pas quoi faire »
  • « Il faut que personne ne sache, j’ai trop honte »

Les émotions :

  • Peur
  • Anxiété
  • Sentiment de culpabilité et d’injustice
  • Colère
  • Dévalorisation

Le comportement

  • Isolement social
  • Problématique alimentaire
  • Achats compulsifs, etc.

Est-il possible de se retrouver à nouveau après avoir subi des violences conjugales ?

Se reconstruire et renouer avec soi-même n’est jamais trop tard, malgré les situations difficiles. Savoir amorcer une relation d’amour avec soi restera toujours possible. Il sera nécessaire de se pardonner. Appliquer de l’auto-compassion. 

Demander de l’aide

Il convient de commencer dans un premier temps par trouver une personne avec laquelle vous pourrez vous exprimer en toute confidentialité. Un psychologue peut jouer le rôle de confident. Il écoutera sans jugement. Il faut ensuite identifier ses besoins et ses valeurs. Apprendre à se respecter et vivre en harmonie avec soi-même. Avoir une attitude positive et se nourrir régulièrement par des activités qui vous animent ; se faire plaisir, observer, être en contact avec la nature ; reprendre contact avec vos relations, penser à ce qui est le plus important dans votre vie afin de trouver du sens. 

Soigner les violences conjugales, c’est intervenir sur les conséquences de la violence

Les thérapies émotionnelles, comportementales et cognitives proposent des techniques et des solutions pour soigner les conséquences des violences conjugales contre les femmes. Elles mettent en œuvre des modalités adaptées à chaque personne. Elles aident à avoir une meilleure visibilité et à réapprendre de nouveaux comportements. La résolution des problèmes, l’affirmation de soi, l’amélioration des interactions relationnelles, le développement d’une communication bienveillante, une nouvelle appréhension de se parler à soi-même, font partie des apports des TECC.

L’accompagnement pour demander de l’aide

L’entretien motivationnel est tout à la fois une période de réflexion et une nouvelle technique decommunication. Il s’organise sur une relation centrée sur un travail de collaboration entre le thérapeute et les patientes, qui nécessite parfois des taches assignées afin de renforcer l’accompagnement au changement.

L’entretien motivationnel permettra alors de :

  • Structurer le discours
  • Analyser les freins au changement
  • Faire entendre les souffrances, les émotions et les besoins
  • Aider à voir les choses autrement, sans pression
  • Résoudre les ambivalences
  • Nommer ses émotions
  • Prendre conscience des solutions qui peuvent exister  
  • Désamorcer les obstacles
  • Mieux comprendre et appréhender les situations
  • Identifier sur ses propres ressources
  • Reprendre confiance en soi
  • Explorer les valeurs et les objectifs
  • Consolider le changement
  • Favoriser le bien-être et la sécurité de la patiente  
  • Apprendre à utiliser la technique des petits pas
  • Délivrer les ressources locales et avoir un accès à l’information

La psychoéducation

La psychoéducation se situe au cœur des TCC. En effet, en permettant de mieux appréhender notre mode de fonctionnement, nous gagnons une meilleure connaissance de soi. C’est un modèle unique qui est proposé à chaque individu, en interaction avec plusieurs facteurs. La psychoéducation permet de rendre les personnes responsables et autonomes. Par ailleurs, la psychoéducation s’apparente à une boite à outils qui donne des informations et des explications sur différents domaines comme l’affirmation de soi, la violence, la dépression, le stress, etc.

Un numéro pour les violences conjugales: 3919

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114 (gratuit, 24h/24) ou le 15.

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