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Traumatisme psychique : comment s'en remettre ?

Après un événement traumatique, certaines réactions s'installent. Des traitements efficaces existent.

Un accident, une agression, un attentat, une catastrophe, un accouchement qui tourne mal, l'annonce d'une maladie grave. Après un événement de ce type, presque tout le monde présente des réactions intenses : images qui reviennent, sommeil haché, sursauts, sentiment d'irréalité.

Ces réactions sont normales. Elles font partie du processus par lequel le psychisme tente d'intégrer ce qui vient d'arriver, et elles s'atténuent spontanément dans les semaines qui suivent pour la majorité des personnes.

Chez d'autres, elles s'installent. On parle alors de trouble de stress post-traumatique — un trouble qui peut durer des années, parfois toute une vie, et qui reste fréquemment non diagnostiqué. Beaucoup de personnes vivent avec, persuadées qu'il s'agit d'un défaut personnel ou qu'il est trop tard pour en parler.

Ce n'est ni l'un ni l'autre. Il existe des traitements dont l'efficacité est solidement démontrée, y compris de nombreuses années après les faits.

Ce qui définit un événement traumatique

Il s'agit d'une confrontation à la mort, à une menace vitale, à une blessure grave ou à des violences sexuelles. Cette confrontation peut être directe, mais aussi indirecte : avoir été témoin, avoir appris qu'un proche a été concerné, ou être exposé de façon répétée à des détails pénibles dans le cadre professionnel — ce qui concerne les soignants, les forces de l'ordre, les pompiers, les journalistes.

Un point important : l'intensité objective de l'événement ne prédit pas la survenue du trouble. Ce qui compte est la manière dont il a été vécu — le sentiment d'impuissance, de menace vitale, d'effroi. Deux personnes exposées au même événement peuvent évoluer très différemment, sans que cela dise quoi que ce soit de leur solidité.

Les manifestations

Les reviviscences

Le symptôme le plus caractéristique. Des images, des sons, des odeurs, des sensations s'imposent sans prévenir. Les cauchemars rejouent la scène. Dans les formes intenses, le flash-back donne l'impression que l'événement se reproduit à l'instant.

Ces reviviscences ont une particularité : elles ne sont pas vécues comme des souvenirs ordinaires, situés dans le passé, mais comme quelque chose qui a lieu maintenant.

L'évitement

Fuir tout ce qui rappelle l'événement : lieux, personnes, conversations, mais aussi pensées et émotions. Cet évitement soulage à court terme et constitue le principal facteur de maintien du trouble.

L'hypervigilance

Être constamment sur le qui-vive : sursauts exagérés, balayage permanent de l'environnement, difficultés d'endormissement, irritabilité, colères disproportionnées, difficultés de concentration.

Les altérations de l'humeur et de la pensée

Détachement affectif, sentiment d'étrangeté, incapacité à éprouver des émotions positives, culpabilité — notamment celle du survivant —, croyances négatives durables sur soi et sur le monde, parfois amnésie partielle de l'événement.

Le trauma complexe

Il faut distinguer le trouble consécutif à un événement unique de celui qui résulte d'expositions répétées et prolongées, souvent débutées dans l'enfance : maltraitances, violences intrafamiliales, négligence, emprise.

Le tableau y est plus large : difficultés majeures de régulation émotionnelle, image de soi profondément altérée, relations interpersonnelles très perturbées. Ces situations relèvent d'une prise en charge plus longue et spécialisée, souvent en plusieurs phases.

Pourquoi le trouble s'installe

Le modèle actuel décrit un défaut d'intégration du souvenir. Un souvenir ordinaire est encodé avec son contexte : une date, un lieu, une histoire, un début et une fin. Il devient racontable et se range dans le passé.

Sous l'effet d'une menace intense, cet encodage se fait mal. Le souvenir reste stocké sous forme de fragments sensoriels et émotionnels non intégrés, sans marqueur temporel. C'est pourquoi il resurgit brutalement, avec la même intensité, et donne l'impression du présent.

L'évitement empêche ce travail d'intégration de s'achever. Le souvenir demeure donc en l'état, aussi vif dix ans après.

Les traitements recommandés

Les TCC centrées sur le trauma

Elles constituent le traitement de référence, dans plusieurs variantes.

L'exposition prolongée consiste à revenir sur le récit de l'événement, de manière répétée et dans un cadre sécurisé, jusqu'à ce que la charge émotionnelle diminue et que le souvenir puisse se ranger dans le passé. Elle comporte aussi une exposition progressive aux situations évitées dans la vie quotidienne.

La thérapie du processus cognitif travaille les croyances installées après l'événement : culpabilité, sentiment de dangerosité permanente du monde, honte.

L'EMDR

Une approche fondée sur une stimulation bilatérale — le plus souvent des mouvements oculaires — pendant que la personne se remémore l'événement. Recommandée par les principales instances de santé pour le stress post-traumatique, avec un niveau de preuve élevé.

Le traitement médicamenteux

Certains antidépresseurs peuvent être indiqués, en association avec la psychothérapie, qui reste le traitement de fond.

Ce qui n'est pas recommandé

Le débriefing psychologique immédiat et systématique, longtemps pratiqué après les événements collectifs, n'a pas démontré d'efficacité préventive et pourrait même être défavorable dans certains cas. La priorité des premiers jours est ailleurs : sécurité, besoins concrets, soutien des proches, information.

Quand consulter

Un avis s'impose si les symptômes persistent au-delà d'un mois, s'ils s'aggravent, ou s'ils retentissent sur le travail, les relations ou le sommeil. N'attendez pas non plus si vous consommez de l'alcool ou des médicaments pour tenir, ou si des idées suicidaires apparaissent.

Un point à retenir : il n'est jamais trop tard. Des personnes traitées vingt ou trente ans après les faits obtiennent des résultats comparables à celles prises en charge rapidement. L'ancienneté n'est pas une contre-indication.

En cas de détresse immédiate, le 3114 répond gratuitement, 24 h sur 24.

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