Soigner l'anxiété sociale et la phobie sociale

Peur du regard des autres, évitement des situations sociales, ruminations après coup : l'anxiété sociale n'est pas de la simple timidité. Elle se soigne en 10 à 15 séances en moyenne.

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« J'ai pris mon premier rendez-vous un dimanche soir, j'ai vu ma psychologue le mardi en visio. Après des mois à repousser, tout s'est fait en dix minutes. »
SR Salomé R. Anxiété — 6 séances
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TL Thomas L. Burn-out — 12 séances
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AP Alex P. Insomnie — 9 séances

Souffrez-vous d'anxiété sociale ?

Se questionner sur le jugement que les autres portent sur nous n'est pas quelque chose d'anormal. Cela nous motive à donner une bonne impression et à avoir un comportement adapté en société. Cependant, ce questionnement peut devenir très anxiogène si nous pensons être jugés systématiquement de manière négative. Moins nous connaissons ce qu'une personne pense de nous, plus nous pouvons croire que celle-ci nous juge. Par conséquent, l'anxiété sociale se manifeste quand nous sommes face à des personnes non familières. Cette anxiété peut faire obstacle à un fonctionnement adapté dans les relations avec les autres.

Ce trouble ne doit pas être confondu avec la timidité, qui est souvent une anxiété sociale « normale ».

Les éléments diagnostiques

Pour établir le diagnostic d'anxiété sociale, la personne doit présenter durant au moins six mois consécutifs les symptômes suivants :

  • Peur ou anxiété intense dans une ou plusieurs situations dans lesquelles l'individu est exposé au regard des autres : des situations sociales (une conversation, une rencontre avec des inconnus), des situations où la personne est observée (manger ou boire) ou des situations de performance (parler devant des gens).
  • Crainte de manifester des signes visibles d'anxiété (rougir, trembler des mains) et que ce soit jugé négativement par les observateurs.
  • Les situations sociales provoquent presque toujours peur ou anxiété.
  • Les situations sociales sont évitées ou affrontées avec une peur ou une anxiété intense.
  • La peur ou l'anxiété sont persistantes et disproportionnées par rapport au risque réel de la situation sociale et aux normes socioculturelles.

Si la personne présente tous ces symptômes, et que ceux-ci ont un retentissement important sur sa vie de tous les jours (travail, relations sociales ou autres), alors il est possible de parler de trouble d'anxiété sociale. Ce trouble peut également s'associer à la dépression ou à un autre trouble anxieux.

Les situations qui activent l'anxiété sociale

Voici une liste de situations qui ont tendance à activer l'anxiété sociale. Pour chacune, vous pouvez vous demander quelle est l'intensité de l'anxiété que vous ressentez, et à quel degré vous avez tendance à l'éviter.

  • Prendre la parole devant un groupe de personnes (discours, exposé, etc.)
  • Livrer vos sentiments intimes lors d'un tête-à-tête avec quelqu'un qui compte pour vous
  • Intervenir pour donner votre point de vue lors d'une discussion
  • Demander à quelqu'un qui parle à voix haute au cinéma, au théâtre ou au concert de se taire
  • Être observé par quelqu'un quand vous faites un travail
  • Aller à une soirée où vous connaissez très peu de monde
  • Téléphoner à quelqu'un d'important ou de haut placé
  • Dire non à une personne qui vous demande de lui rendre un service
  • Engager la conversation avec des gens que vous ne connaissez pas
  • Écrire, manger, boire ou marcher devant des gens
  • Rapporter un achat qui ne vous convient pas à un commerçant
  • Passer un examen oral, un test d'aptitude ou un entretien d'embauche
  • Parler de banalités avec des voisins ou des commerçants

Comprendre l'anxiété sociale

Comme pour les autres troubles anxieux, l'anxiété sociale est influencée par des facteurs génétiques : hérédité parentale, fonctionnement biologique, tempérament.

L'anxiété sociale peut également provenir des apprentissages. Certains apprennent à avoir peur des relations sociales. Par exemple, des parents surprotecteurs qui ont limité les expériences sociales n'ont pas contribué à l'apprentissage des habiletés sociales de leur enfant. Puis, des parents anxieux sociaux qui évitent des contacts avec des personnes non familières par peur d'être jugés ont pu, malgré eux, transmettre à leur enfant une crainte exagérée du jugement des autres.

« Il faut toujours faire bonne impression. »

L'intériorisation de normes sociales exagérées augmente le risque d'échouer dans les interactions sociales.

Des expériences sociales négatives au cours de l'enfance et de l'adolescence peuvent également précipiter l'apparition de l'anxiété sociale. Vivre des moqueries, avoir des difficultés dans les relations sentimentales et amicales, être rejeté, subir du harcèlement sont des évènements qui peuvent fragiliser la confiance en soi et augmenter la sensibilité au jugement des autres.

Les mécanismes qui l'entretiennent

  • La personne a des pensées erronées sur le jugement des autres. Des pensées telles que « ils pensent que je suis nul », « ils voient que je rougis » sont anxiogènes. La personne anxieuse remarque que son interlocuteur a un regard fuyant et elle interprète cela comme « je ne l'intéresse pas », un sourire pourrait être interprété comme « il se moque de moi ».
  • Une fois la situation gênante passée, la personne se met souvent à ruminer : on dit qu'elle fait son « examen post-mortem ». Elle se repasse mentalement la scène en repérant toutes les erreurs qu'elle a faites et tout ce qu'elle aurait dû faire mieux.
  • L'anxiété sociale peut être soutenue par des attentes extrêmes : « je dois toujours être apprécié », « il ne faut pas rougir, sinon tu es ridicule ». Ces attentes difficilement atteignables maintiennent un sentiment d'échec et alimentent une image de soi négative.
  • Afin de ne pas ressentir l'anxiété sociale, la personne évite les situations anxiogènes : faire des efforts pour être discret, répéter ce que l'on va dire, répondre brièvement aux questions, rester à l'écart, refuser les invitations, ne pas prendre la parole en réunion, fuir les regards. Parfois, ces évitements font croire aux autres que la personne est hautaine, froide et inamicale.
  • L'évitement des situations sociales ne permet pas de développer les compétences pour gérer efficacement les relations sociales. Cela a pour conséquence d'augmenter l'intensité de l'anxiété dans des contextes similaires.
  • Les manifestations physiologiques de l'anxiété (transpiration, tremblements, rougissement, accélération du cœur) sont surévaluées. La personne devient hypervigilante et focalise son attention sur ces sensations. Elle a peur que les autres les perçoivent.

La thérapie comportementale et cognitive de l'anxiété sociale

La phobie sociale et le trouble d'anxiété sociale peuvent être soignés. Les psychologues formés aux thérapies comportementales et cognitives axent leur travail sur les aspects cognitifs (la manière de penser), comportementaux (la manière d'agir) mais aussi sur les aspects émotionnels.

Les TCC aident à poursuivre plusieurs objectifs :

  • Comprendre comment fonctionne l'anxiété sociale et comment elle se manifeste, puis apprendre comment agir en tenant compte de ses ressources initiales.
  • Apprendre à s'affirmer dans le respect des autres et de soi-même. Le psychologue peut enseigner des techniques de communication qui permettent d'exprimer ses opinions, de formuler un refus, de répondre à une critique ou de faire une demande en tenant compte de ses besoins tout en respectant autrui.
  • Modifier l'impact des pensées. Le psychologue aide son patient à identifier les pensées automatiques négatives et à les remettre en question de façon objective.
  • S'exercer à la résolution de problèmes pour élaborer plusieurs solutions à un même problème et choisir celle qui est la plus adaptée.
  • Apprendre à réguler les émotions avec une technique de relaxation, pour retrouver le calme lors d'une situation qui active l'anxiété.
  • L'exposition graduelle, technique phare des TCC, vise à mettre en pratique les différentes techniques acquises. Sous la forme de petites mises en situation, le patient va progressivement surmonter les situations anxiogènes, de la plus petite à la plus grande.
  • Prendre conscience de ses réussites. Notre cerveau est codé de façon à rechercher les émotions négatives et non les positives. Le psychologue peut aider à prendre conscience de chaque réussite ou progrès.

La psychothérapie de l'anxiété sociale, comme pour les phobies, dure entre 10 et 15 séances en moyenne. Des recherches scientifiques ont montré qu'il n'existe pas de différence entre une thérapie traditionnelle en face à face et son équivalent en ligne, que ce soit dans l'amélioration des symptômes ou la satisfaction des personnes.

Conseils de psychologue

  • Portez attention à votre interprétation des situations. Lorsqu'une personne souffre d'anxiété, elle a tendance à se focaliser sur ce qui lui fait peur. Cette hyper-focalisation biaise la perception de la situation. Gardez à l'esprit que nous ne pouvons pas lire les pensées des autres : un bâillement, un sourire, un regard fuyant peuvent avoir d'autres explications que celles qui confirment vos craintes.
  • Stoppez « l'examen post-mortem », c'est-à-dire la tendance à repenser une situation qui a été gênante. Personne n'est parfait et c'est normal de ne pas l'être. Ne soyez pas autocritique, cela va alimenter votre anxiété.
  • Nous ne pouvons pas plaire à tout le monde. En acceptant cette différence chez autrui et chez soi, il est possible de relativiser les réactions des autres. Vouloir convenir à tout le monde implique de négliger ses propres besoins.
  • Dédramatisez vos propres réactions de stress. Nous vivons tous des situations stressantes et des réactions comme les tremblements ou la transpiration se manifestent chez tout le monde. Avec l'entraînement, vous gagnerez en expérience et en aisance.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114 (gratuit, 24h/24) ou le 15.

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