Addiction à Instagram, les jeunes sont à risque

L’utilisation des réseaux sociaux en plein essor

Les nouvelles technologies ont envahi notre quotidien. Nos passe-temps sont pour la majorité d’entre nous, orientés vers l’utilisation des écrans et notamment des réseaux sociaux. On compte désormais plus de trois milliards de personnes actives sur les réseaux sociaux. Les plus utilisés sont : Facebook, Twitter, Snapchat et Instagram (Kemp, 2019). Néanmoins, Instagram connaît une croissance fulgurante depuis quelques années. Cette plateforme est devenue la plus populaire chez les jeunes adultes. Fondée en octobre 2010 par Kevin Systrom et Michel Mike Krieger, elle recense plus d’un milliard d’utilisateurs actifs chaque mois (Statista, 2019). Par conséquent, des chercheurs se sont intéressés à l’impact que pouvait avoir l’utilisation excessive d’Instagram. En effet, l’addiction à Instagram concerne aujourd’hui de nombreux jeunes.

Comment savoir si on est addict.e ?

On dit quune personne utilise de manière excessive un réseau social lorsque au moins deux des symptômes suivants sont présents depuis douze mois ou plus :

  • Elle se préoccupe de manière excessive du réseau social. L’utilisation est fréquente, de longue durée. Les pensées sont récurrentes concernant le réseau social au cours de la journée.
  • Elle a fait des efforts, sans succès, pour réduire ou contrôler son utilisation du réseau social.
  • La personne se met en colère ou devient irritable ou agitée si elle est contrainte d’arrêter ou diminuer son utilisation.
  • Son utilisation du réseau social a augmenté en fréquence et en durée.
  • On constate une perte du réseau amical. La présence de soucis professionnels. La personne se désintéresse de ses loisirs. Elle se dispute avec sa famille à cause de son utilisation excessive du réseau social.
  • Utilisation de manière excessive le réseau social malgré la connaissance des conséquences négatives qui en résultent.
  • Elle ment à sa famille, à son psychologue, à ses enseignants, à son CPE ou d’autres personnes. Les mensonges ont comme but de cacher ou atténuer ses habitudes d’utilisation excessive du réseau social.
  • Utilisation du réseau social pour fuir ou faire diminuer une humeur négative (anxiété, tristesse, culpabilité, colère…).

Cependant, chaque personne est différente face au risque de développer une addiction aux réseaux sociaux. On sait par exemple qu’avoir un faible niveau de bien-être psychologique est un facteur de risque important dans l’apparition d’une dépendance. Inversement, une bonne hygiène de vie et un niveau de bien-être élevé protègent contre le risque de présenter une addiction. Ces personnes savent généralement mieux gérer leur besoin de divertissement. Repartir son temps libre sur des activités physiques, manuelles (jardinage, bricolage…) ou intellectuelles (lecture…) est protecteur. Ces dernières limitent ainsi leur utilisation des réseaux sociaux.

Les jeunes, vulnérables à développer une addiction à Instagram

Les jeunes sont plus vulnérables à la dépendance à Instagram. Ils sont plus sensibles au soutien social de leurs pairs. Sur les réseaux, ils explorent leur identité en sollicitant l’approbation des autres par le biais de partages fréquents de photos, lives, posts et vidéos. Ils se sentent dans l’obligation d’interagir aux diverses reconnaissances sociales « j’aime », commentaires, messages. Celles-ci constituent une approbation de ce qu’ils font ou de ce qu’ils sont. Cette conduite de recherche permanente d’approbation les motive à rester pendant plusieurs heures sur Instagram. Par conséquent, elle peut entraîner une dépendance.

Les réseaux sociaux attirent particulièrement les adolescents et jeunes adultes. Ils sont en quête de gagner du respect et le soutien de leurs pairs. Ils aimeraient être reconnus par leurs modèles (instagrammeurs, célébrités). La quête aux abonnés et à la popularité, est alors lancée ! Une étude scientifique a montré que les jeunes qui ont une grande popularité ont plus de risque à être victimes de cyberharcèlement (Longobardi et al., 2020). Nous connaissons aujourd’hui les impacts néfastes du cyberharcèlement pouvant même pousser leurs victimes au suicide.

L’utilisation d’Instagram influence négativement les résultats scolaires 

Une étude récente a montré que l’utilisation excessive d’Instagram, serait liée à des notes scolaires inférieures. Les utilisateurs excessifs ont été comparées aux utilisateurs modérés ou non-utilisateurs (Ponnusamy et al., 2020). Les étudiants considérés comme des utilisateurs intensifs passent plusieurs heures par jour sur Instagram. Ils entretiennent des amitiés virtuelles à distance. Ces derniers s’expriment et interagissent via des post, des stories et des lives. Ces temps d’activités passés à nourrir leur réseau social peut devenir chronophage. Ainsi, le temps alloué à réviser leurs cours et à faire leurs devoirs diminue. Les performances scolaires sont ainsi impactées et les étudiants voient leurs résultats scolaires décliner.

Les relations virtuelles remplacent les relations sociales

L’utilisation intensive d’Instagram amène également les étudiants à réduire leurs sorties avec leurs ami(e)s et leur famille. En effet, les relations virtuelles remplacent les relations intimes et sociales en face-à-face. La solitude touche de plus en plus des étudiants à cause de ce nouveau mode de communication. Le refus de confrontation aux situations sociales réelles entraîne une diminution de leurs habiletés sociales. Les habiletés sociales sont importantes pour l’affirmation de soi, les relations amicales ainsi que pour l’estime de soi. On peut donc observer une timidité accentuée et une faible estime de soi chez ces personnes.

Se cacher derrière son écran pour parler à quelqu’un permet d’éviter la gêne ressentie lors d’une rencontre réelle. L’étudiant n’est plus habile pour faire face à ce type de situation. Mis mal à l’aise, il risque de se dévaloriser. Il jugera ses compétences sociales comme nulles. Ces pensées et croyances négatives contribuent à faire baisser encore son estime de soi personnelle. L’étudiant qui ne trouve pas satisfaction à ses besoins sociaux va chercher à compenser ce manque par les relations virtuelles. Le risque est qu’il devient de plus en plus dépendant et que le cercle vicieux commence.

Bien-être psychologique : un facteur de protection

Les chercheurs s’accordent à dire que l’un des moyens de faire diminuer la dépendance à Instagram serait d’augmenter leur bien-être psychologique. Lire aussi : Utilisation des réseaux sociaux et dépression chez les adolescents. Pour augmenter le bien-être psychologique de leur enfant, les parents doivent avoir un modèle éducatif chaleureux et respectueux. En effet, ce style d’éducation favoriserait le développement d’un bien-être psychologique chez l’enfant. Le modèle éducatif doit être adopté dès le plus jeune âge (Mishra et al., 2016).

L’Éducation Nationale a également un rôle important à jouer. Certains établissements ont mis en place des programmes pour améliorer le bien-être des étudiants. Un bon climat au sein de l’établissement scolaire améliore le bien-être psychologique. Certains programmes se basent sur les théories et techniques utilisées dans les Thérapies Cognitives, Comportementales et Émotionnelles (TCCE). Il s’agit notamment de techniques de relaxation et de méditation en pleine conscience (mindfulness) (Huppert, 2009).

La prévention parentale

Les parents doivent rester attentifs à l’utilisation des réseaux sociaux de leur adolescent. Si une utilisation addictive s’installe, l’aide d’un professionnel sera nécessaire. En effet, si l’utilisation entraîne des répercussions négatives sur leur vie quotidienne, il est recommandé de consulter un professionnel tel qu’un psychologue ou un psychiatre. Vérifier que le professionnel soit formé aux TCC sera un gage d’éfficacité. Les thérapies comportementales et cognitives sont scientifiquement validées. La prise en charge TCC est généralement brève et efficace. (HAS, 2015). 

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