Vous souffrez de troubles du sommeil? Thérapie ou somnifère?

Le sommeil. Véritable rythme biologique fondamental pour notre corps que dans notre fonctionnement (santé psychique, apprentissage, attention, équilibre émotionnel), il n’est pas pour autant impossible qu’il en soit perturbé. Nombreux réveils durant la nuit, durées écourtées, difficultés à s’endormir ou sensations de fatigue dès le lever font partie des nombreux troubles que nous pouvons rencontrer durant des événements de vie déstabilisants (déménagement, changement de travail, deuil, examens scolaires ou médicaux par exemple). Toutefois, lorsque ces difficultés perdurent dans le temps, nous pouvons devenir plus vulnérables aux maladies (qu’elles soient d’ordre médical ou psychologique) et nos capacités globales (concentration, réflexion, efficacité professionnelle, gestion des émotions et cognitions) s’amenuisent.

Généralement, lorsque l’on rencontre ces difficultés, nos premières réactions sont :
– de prendre un traitement sans ordonnance
– puis d’en parler avec un médecin si l’on constate aucune amélioration. Ce dernier peut prescrire par la suite des médicaments.

Mais que sont ces différentes médications ?

Quels sont les traitements en cas de sommeil troublé?

Vous vous en doutez, nous allons évoquer les produits sans ordonnance comme la mélatonine mais aussi les fameux « somnifères ». Avant de commencer les explications, nous précisons que les généralités de chaque « catégorie » de traitement ne seront pas abordées ici. L’objectif est de vous apporter une vision globale des médications et de leurs effets. Les descriptions ne seront donc pas exhaustives. Mais elles refléteront les généralités observées à travers les observations scientifiques tout en vous apportant les éléments de compréhension nécessaire.

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Les médications sans ordonnance

Parmi les médications sans ordonnance, la première d’entre elles est l’utilisation de produits naturels (mélatonine, des extraits de valériane ou de passiflore par exemple). Ceux-ci semblent relativement efficaces pour des prises occasionnelles (en cas de décalage horaire ou aider à mieux réguler les phases de veille et sommeil par exemple). Mais ils se montrent insuffisants pour résoudre le fond des perturbations du sommeil.

Le second type de médication sans ordonnance est une forme de « somnifère » léger. Plus exactement, ce sont des produits contenant la plupart du temps des agents antihistaminiques.  Ces produits sont utilisés pour leur effet sédatif sur l’organisme. Cependant ce recours est limité en terme d’efficacité. Surtout à cause des effets secondaires possibles (bouche sèche, vision brouillée, somnolence, constipation voir des troubles cognitifs) et d’un effet de tolérance pouvant amener une consommation de plus en plus importante.

Quelques antidépresseurs, toujours sans ordonnance et en faible quantité, peuvent amener une meilleure continuité du sommeil. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une solution aux perturbations pour autant, ces derniers pouvant se révéler toxique en cas de surdosage.

Les médications sous ordonnance

Enfin, les médications sous ordonnance. Ces « somnifères » prescrits par le médecin sont des médicaments appelés « hypnotiques » (car ils ont des propriétés d’induction et/ou de maintien du sommeil). Nous retrouvons ce que l’on nomme des benzodiazépines. Les benzodiazépines sont très nombreuses. Dans l’ensemble, ces médicaments sont connus pour permettre : de diminuer la latence du sommeil (le temps séparant le moment où l’on éteint la lumière de celui où l’on s’endort), d’augmenter le temps de sommeil total et/ou l’efficacité du sommeil. Bien que ces effets paraissent attrayants lorsque l’on présente des perturbations du sommeil, ils peuvent être tout autant passagers et trompeurs. En effet, ces effets positifs sont à court terme. Sur le long terme, une prise de benzodiazépine peut entrainer de l’accoutumance ainsi qu’une dépendance physique et psychologique.

Causant moins de perturbation que les benzodiazépines, il peut être prescrit des médicaments « agonistes aux récepteurs benzodiazépiniques ». Ces médicaments présentent globalement les mêmes effets que les benzodiazépines, perturberaient moins la structure du sommeil, mais n’en sont pas pour autant dénués d’effet indésirable comme une insomnie rebond ou de la somnolence le matin par exemple.

Avec cet aperçu général des traitements médicaux, nous pouvons conclure que le recours aux « somnifères » ou autres ne présentent pas une efficacité sur le long terme. Bien qu’il existe des effets positifs indéniables, ces bénéfices ne semblent pas durer dans le temps. Une des questions qu’il nous reste à éclaircir est donc : d’où vient le problème ?

Quelle est la source des problèmes de sommeil?

Les études scientifiques, en médecine et sciences humaines, ont montré que l’utilisation d’hypnotique n’était donc pas une solution propice à résoudre les troubles du sommeil sur le long terme. Hors maladie médicale, la source des problèmes liée au sommeil est souvent d’ordre psychologique au sens large. C’est-à-dire que la source se trouve dans nos apprentissages antérieurs, notre vécu émotionnel (passé et présent), nos croyances sur le fonctionnement du sommeil et nos habitudes qui y sont liés. L’ensemble de ces éléments forme un grand système plus ou moins complexe selon chacun qui va entretenir malgré nous les troubles de notre repos.

Des facteurs prédisposants

Une première partie de ce système consiste en des facteurs dit « prédisposants ». Ceux-ci sont caractérisés par une tendance à :  

  • Être extrêmement vigilant à tout ce qui se passe ou pourrait arriver,
  • Présenter un fonctionnement dépressif ou anxieux,
  • Accorder trop ou pas assez d’importance au sommeil (croyance que deux heures suffisent, que le sommeil est une perte de temps, qu’il est nécessaire de dormir beaucoup pour être ne forme pour ne citer que ces exemples).

Des facteurs précipitants

Ce que l’on peut désigner comme une seconde partie du vaste système sont des facteurs « précipitants ».
– Des événements de vie difficiles à surmonter sur le plan émotionnel,
– un épisode dépressif,
– la prise de mauvaises habitudes (regarder la télé avant de dormir, faire du sport tard le soir, boire des boissons caféinées, avoir une activité stimulante ou nous exposant à de la lumière bleue par exemple)
vont venir précipiter l’apparition d’une perturbation du sommeil constante.

Nous arrivons à la dernière partie de ce système composé de cercles vicieux qui peuvent s’installer avec le temps et/ou naître suite à un événement déclencheur.

Les croyances erronées sur le fonctionnement du sommeil (combien d’heures de sommeil sont nécessaires, ce que l’on peut faire ou ne pas faire avant l’heure du coucher par exemple) vont contribuer à maintenir de mauvaises habitudes comme :
– rester au lit après s’être réveillé le matin,
– boire des boissons excitantes,
– regarder des films jusqu’à tard le soir et bien d’autres.

Le fonctionnement psychologique et biologique perturbé

Le sommeil n’étant pas ou peu réparateur car ponctué de difficultés :
– réveil,
– endormissement long,
– somnolence au réveil par exemple),

Cela va fragiliser le fonctionnement biologique et psychologique (humeur irritable, plus grande sensibilité aux émotions et aux pensées négatives ainsi qu’aux maladies).

Ces vulnérabilités vont renforcer la recherche d’un repos réparateur, et donc inciter à suivre plus fortement les stratégies dysfonctionnelles pour y parvenir (médicaments avec ou sans ordonnance, regarder un film au lit, etc), ou le fonctionnement anxieux ou dépressif… Parfois les deux. En définitive, le sommeil ne s’améliorera pas pour autant. Les difficultés durant la nuit réapparaissent et la boucle recommence sans fin.

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Comme nous pouvons l’observer ici, il peut être complexe de se défaire d’une perturbation du sommeil chronique. La médication ne présente qu’une solution à court terme, voir susceptible d’aggraver les difficultés. Néanmoins, un modèle de psychothérapie semble efficace sur le long terme : les thérapies cognitive et comportementale (TCC).


TCC = solution à long terme. Mais pourquoi?

Les TCC ont pour but d’intervenir sur trois grandes sphères : les pensées et croyances (cognitions), les comportements et les émotions. Comme nous pouvons le constater, chacune de ces trois sphères sont présentes dans un trouble du sommeil.

Avec cette thérapie brève, nous pouvons apprendre à :

  • réguler nos comportements avant le sommeil afin de retrouver un rituel d’endormissement sain et équilibré,
  • retravailler les mécanismes cognitifs dysfonctionnels et permettre de comprendre et modifier la façon d’appréhender le sommeil,
  • connaître différentes clés afin de mieux gérer les émotions et les réguler afin de favoriser un repos de meilleure qualité.

TCC = efficacité prouvée

Les études scientifiques ont montré que le suivi d’une TCC montre davantage d’effets bénéfiques que la prise de médicaments. La thérapie agit sur la source des perturbations. Outre l’autonomisation, elle permet de reconstruire une hygiène du sommeil favorable au bon fonctionnement physiologique et psychologique.

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En conclusion…

Nous pouvons donc en conclure que la prise de médicaments ou autres produits peuvent être une solution dans un court laps de temps. Cependant ils ne suffisent pas pour une amélioration à long terme. Lorsque leur prise est prolongée, cette stratégie se retrouve même plus handicapante. Elle devient un autre problème entretenant les difficultés déjà présentes. Lorsque les perturbations du sommeil persistent, le suivi d’une TCC semble être une approche complémentaire voir incontournable pour retrouver un sommeil réparateur et récupérer nos pleines capacités.

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